lundi 14 décembre 2009

La science à la rescousse des hommes!

  Voici un article fort divertissant publié récemment dans la prestigieuse revue    Nature.
Nature. 2009 Dec 8.  


Prejudice and truth about the effect of testosterone on human bargaining behaviour.

Eisenegger CNaef MSnozzi RHeinrichs MFehr EInstitute for Empirical Research in Economics, Laboratory for Social and Neural Systems Research, University of Zurich, 8006 Zurich, Switzerland.  Both biosociological and psychological models, as well as animal research, suggest that testosterone has a key role in social interactions. Evidence from animal studies in rodents shows that testosterone causes aggressive behaviour towards conspecifics. Folk wisdom generalizes and adapts these findings to humans, suggesting that testosterone induces antisocial, egoistic, or even aggressive human behaviours. However, many researchers have questioned this folk hypothesis, arguing that testosterone is primarily involved in status-related behaviours in challenging social interactions, but causal evidence that discriminates between these views is sparse. Here we show that the sublingual administration of a single dose of testosterone in women causes a substantial increase in fair bargaining behaviour, thereby reducing bargaining conflicts and increasing the efficiency of social interactions. However, subjects who believed that they received testosterone-regardless of whether they actually received it or not-behaved much more unfairly than those who believed that they were treated with placebo. Thus, the folk hypothesis seems to generate a strong negative association between subjects' beliefs and the fairness of their offers, even though testosterone administration actually causes a substantial increase in the frequency of fair bargaining offers in our experiment.
  Brièvement, les auteurs de cette étude ont administré de la testostérone (l'hormone masculine) ou un placébo à des femmes avant de les faire participer à un jeu simple de négociation avec ultimatum (ultimatum bargaining game). Le joueur A fait une proposition de partage d'argent au joueur B. Le joueur B accepte ou refuse l'offre. Le joueur A peut alors poser un ultimatum pour forcer le joueur B à accepter son offre. Celui-là peut ensuite poser un véto qui fait cependant en sorte que les deux joueurs perdent leur mise. Il est donc essentiel dans ce jeu que le joueur A fasse la proposition la plus juste possible pour que le joueur B ne la refuse pas, et qu'ainsi les joueurs fassent leur gain. La découverte de cette étude est que les joueuses à qui on a administré de la testostérone ont tendance à faire des propositions plus justes, donc à moins "tricher"... tant qu'elles ne savent pas avoir ingérer de la testostérone! Si on leur laisse croire qu'elles en ont pris la tendance est complètement inversée.

  La testostérone semble donc avoir un effet lubrifiant sur les rapports sociaux. Par contre, cette hormone a tellement mauvaise presse que la croyance populaire en son pouvoir mâléfique induit des comportements anti-sociaux chez les femmes qui croient en avoir ingérée.

  Trêve de jeux de mots, il faut rappeler que pour simplifier l'interprétation des résultats cette étude a été conduite uniquement chez des femmes et qu'elle ne permet pas de déterminer que la testostérone joue le même rôle positif dans le cas des hommes. Il y a même des indications scientifiques contraires (1).

  Est-ce que cet article pourrait être repris comme argument par les masculinistes?

  Dans la même ligne de réflexion, j'ai bien apprécié un billet récent de mon collègue cybernétique Tym Machine sur la tuerie de Polytechnique. Je ne suis pas toujours d'accord avec lui, mais dans ce cas-ci, il pose des questions pertinentes. La question peut être résumé ainsi pourquoi ont-ils laissé un individu seul et armé conduire son massacre sexiste? Pourquoi n'ont-ils pas tenté, au péril de leur vie, de le désarmer? Question pertinente et dure; je n'oserai me prononcer. Il faut avoir été confronté soi-même à la mort par un homme qui vous met en joue pour ressentir ce que ces personnes ont eu à vivre. Personnellement, je joue souvent au héros dans ma tête... Je ne sais pas encore ce que je vaudrais dans la réalité.

mardi 8 décembre 2009

Pétition de l'assemblée Nationale du Québec pour une enquête publique sur l'industrie de la construction

  J'ai parlé à quelques reprises sur ce blogue du dossier de la corruption dans l'industrie de la construction et des relations malsaines qu'elles entretiendrait avec certains acteurs politiques véreux (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7).

  Il y a finalement une pétition officielle sur le site de l'Assemblée Nationale du Québec. Pour signer la pétition veuillez suivre ce lien.

Voici le texte de la pétition:


CONSIDÉRANT QUE de sérieuses allégations concernant l'ensemble de l'industrie de la construction ont été soulevées au cours des derniers mois;


CONSIDÉRANT de sérieuses allégations dans le processus d'octroi des contrats publics au Québec;

CONSIDÉRANT les limites des enquêtes policières;

CONSIDÉRANT QUE seule une commission d'enquête peut faire toute la lumière sur cette situation et recommander les correctifs nécessaires;

CONSIDÉRANT QUE le gouvernement s'entête à refuser de déclencher une enquête publique;

CONSIDÉRANT QUE ce refus contribue à miner la confiance des citoyens envers les institutions;

CONSIDÉRANT QUE cette situation exceptionnelle nécessite des mesures exceptionnelles;

C'est pourquoi les soussignés, citoyens et citoyennes du Québec, demandent à l'Assemblée nationale d'exiger du gouvernement du Québec la tenue d'une commission d'enquête publique et indépendante sur l'industrie de la construction.

dimanche 6 décembre 2009

Tranche de postdoc (2) : La France est-elle un paradis socialiste?

  On dit souvent de la France qu’elle a un gouvernement interventionniste menant des politiques en général plus socialistes que les états nord-américains. Alors que le  premier cliché de la phrase précédente apparaît à mes yeux de nouvel arrivant indubitable, le président de la république désignant directement le nouveau PDG d’EDF pour prendre un exemple frappant dans l’actualité, la validation sans nuance de la deuxième affirmation s’avère impossible à la lumière de ma compréhension actuelle de cette société. Par exemple, en santé la France a adopté une politique de couverture hybride public-privé. L’assurance-maladie publique de base (CPAM) couvre environ 70% des frais médicaux. Ceux-ci et leurs employeurs cotisent la plupart du temps un régime de couverture complémentaire obligatoire qui permet de rembourser les 30% restant, y compris pour les frais médicaux du conjoint et des enfants. Les sans-emplois et les travailleurs précaires ont droit à une couverture publique complémentaire. Les frais de cotisation de l’assurance-maladie publique sont établis en fonction du salaire des usagers.  Dans plusieurs cas, il faut payer le médecin lors de la visite et se faire rembourser ensuite. Une visite chez le généraliste coûte 21 euros minimalement. Cette somme est remboursée par le régime publique, même si le médecin peut exiger beaucoup plus pour une simple consultation (j’ai constaté des frais d’honoraires jusqu’à 50 euros). Dans ce dernier cas, les frais supplémentaires sont totalement à la charge du patient à moins que son régime complémentaire prenne ces frais en charge. Donc en santé, la France est moins socialiste que le Québec, mais permet un accès très rapide et aisé aux soins médicaux de base. Bien que le système public français ait ses propres problèmes (déficit budgétaire et administration décentralisée très lourde), elle constitue donc un modèle intéressant pour ceux qui s’intéresse à la réforme des systèmes de santé Québécois et Canadiens.

  Les politiques familiales Françaises sont aussi un cas d’espèce assez intéressant. Leur distinction principale comme le dirait Mario Dumont, c’est qu’elle évite le mur-à-mur. Les allocations familiales et autres aides aux familles avec enfants sont modulées proportionnellement au revenu des ménages, exception faite de l’allocation familiale de base pour les familles d’au moins deux enfants. Il y a des programmes spécialement formulés pour les familles nombreuses à revenu modeste. Les coûts des places en garderies publiques (crèches collectives), cantine scolaire et centre des loisirs (camp de jour du mercredi qui est congé en France) sont établis sur le même principe. Les parents qui choisissent de faire garder leur(s) enfant(s) par un employé à leur domicile sont aussi aidés par l’état, de sorte que le coût de cette solution de garde est à peu près équivalent aux crèches collectives pour les familles de revenu moyen.

  Il y a bien deux domaines où les politiques de l’état français apparaissent très clairement plus socialistes que celles du Québec. Tout d’abord en éducation, un domaine où la quasi-absence de frais de scolarité universitaire a été grandement répercutée par les associations étudiantes québécoises. En deuxième lieu, le marché du travail est excessivement contrôlé par l’état et très socialisant, bien que le niveau de syndicalisation français soit bien plus faible qu’au Québec.  Il faut rappeler que depuis les trente cinq heures, plusieurs travailleurs ont vu s’ajouter une douzaine de journées dites de ARTT (l'aménagement et la réduction du temps de travail : compense les heures travaillées en plus des 35 heures par des journées de congé) à la trentaine de jours fériés français et des cinq semaines de vacances. Quand j’ai finalement pu signer mon contrat de travail (les postdocs tout comme les étudiants en thèse en sciences de la santé/biologie sont salariés en France contrairement au Canada), j’ai pu constater ces faits dans mon propre contrat. Notez bien qu’il s’agit de mon premier emploi en France! Il faudrait travailler 100 ans au Québec avant d’avoir droit à autant de vacances. Cela dit, ces protections sociales très importantes et les vacances ont un coût : les salaires sont généralement inférieurs. Le chômage est aussi généralement plus élevé qu’en Amérique du Nord. J’imagine que les frais sociaux attachés à chaque emploi font monter la note, ainsi les organisations y pensent à deux fois avant d’engager des travailleurs supplémentaires.

jeudi 3 décembre 2009

Soyons positifs: protection du fait français au Québec, la meilleure défense c'est l'attaque

  La semaine dernière le Parti Québécois a culminé une période épisodique d’effervescence autour de la politique linguistique du Québec qui avait été entamé par la décision de la cour Suprême du Canada invalidant la loi 104 (voir billet antérieur). Les membres du PQ participant au colloque Identité et Culture (1, 2) ont adopté une proposition sur l’extension des dispositions de la loi 101 sur l’obligation de fréquentation d’institution de langue française au CEGEP pour les allophones. Bien que je sois de ceux qui croient qu’il faut prendre des mesures pour assurer le caractère français du Québec, je suis déçu que les  mesures  qui sortent du lot soient purement défensives. Qu’en est-il de la pauvreté de l’enseignement du français et de sa valorisation au sein même de la majorité linguistique francophone? En 11 ans de scolarité obligatoire dans des institutions publiques québécoises, le seul roman que j’aie eu à lire en entier m’avait été proposé dans un cours… d’anglais enrichi! Dans un même ordre d’idée, nous n’avons jamais eu à lire ou à discuter un article de journal. Personne ne trouve rien à y redire? En France, ce n’est pas comme ça que ça se passe! Ils aiment leur littérature et les enfants y sont exposés abondamment à l’école.

  Pour maintenir la position du français il faudra donc plus que l’imposer, il faudra en augmenter la maîtrise qu’en ont nos enfants et le valoriser par tous les moyens applicables.

 Le recul du français dans la zone métropolitaine de Montréal (voir ici)  a aussi un aspect indéniablement politique. Le Québec depuis le référendum de 1995 est dans un vaste marais stagnant au point de vue constitutionnel. Sans leadership, sans revendications claires quant à la réforme de sa place au sein du Canada, un pays de plus en plus anglophone, il n’est pas surprenant que les néo-Québécois ne sachent pas très bien à quelle langue se vouée, ou plutôt le choix est clair, dans ce contexte, il est évidemment plus rentable et plus "winner" pour un individu de choisir l’anglais. A Montréal, un néo-Québécois peut très bien vivre et travailler en anglais et si jamais ça ne marchait pas pour lui dans la ville du Mount Royal et de la Main, le reste du continent lui appartient.

  Les politiques explicites et surtout implicites du gouvernement de Jean Charest ne font rien pour améliorer la situation. Le PLQ a parlé beaucoup d'enseignement de l’anglais dès le primaire, mais silence-radio absolu sur la qualité de l’enseignement du français.

  Alors qu’il y a quelques années, 75% des immigrants choisissaient le français, ce taux est passé à seulement 50% récemment (voir J-F Lisée). Cette diminution de performance est combinée à l’augmentation des quotas d’immigration à 50,000 personnes/an. Il n’y a rien de négatif à priori à l’augmentation du nombre d’immigrants accueillis au Québec, mais il faudrait augmenter au moment de la sélection le nombre de ceux qui ont des compétences linguistiques en français à au moins 75% et renforcer les structures d’accueil et d’intégration à la langue de la majorité. Il faut dire que le PLQ est dans la situation bien particulière où chaque Québécois qui s’anglicise lui donne un vote de plus. Il est facile pour un cadre du PLQ de faire le calcul que l’étalement progressif de l’anglais dans les couronnes sud et nord de Montréal et à Laval lui permettra d’obtenir plus que sa part de majorité gouvernementale en faisant tomber une à une ces circonscriptions qui lui étaient difficilement acquises jusqu’à ce jour.

  Surtout pour faire fleurir le français, le Québec doit tisser des liens économiques avec toute la francophonie. Il faut voir plus loin que la France, par exemple en Afrique de l'ouest, il y a beaucoup de locuteurs francophones. La Chine a bien saisi que le prochain continent où le développement prendra racine est bien au sud-ouest de nos côtes.

dimanche 29 novembre 2009

Le naufrage de Dubaï

  Depuis quelques années, les tenants d’une certaine droite nous vantent le mérite du développement économique à tout crin et somme toute à la lumière des derniers évènements très superficiel. Après l’effondrement des tigres de papier à la fin des années 1990, l’Islande et l’Irlande plus récemment, il faut ajouter l’exubérant émirat de Dubaï qui est en proie depuis jeudi à des spéculations, qui ont répercutées sur les marchés boursiers, quant à sa solvabilité (1, 2, 3).
  
  L’émirat de Dubaï appartient à une famille royale (voir wikipedia) qui n’a pas géré de manière extrêmement clairvoyante, c’est le moins que l’on puisse dire, le destin de son état. En effet, la rente pétrolière dont la manne est apparue dans les années 1950 a annihilé toutes les autres industries. Comme pris de panique la famille émiratique a entrepris de transformer son lopin de terre désertique en destination touristique à coup de projet pharaonique: lotissement résidentiel en forme de palmier, Burj Dubaï (la plus haute tour du monde) etc. On dit que le tiers des grues de construction à l’échelle mondiale se retrouvent à Dubaï. Plus de 700,000 travailleurs étrangers travaillaient jusqu’à tout récemment sur leurs chantiers. La compagnie Dubaï World qui est maître d’œuvre de la plupart des projets immobiliers représente à elle seule 59 des 80 milliard de la dette de l’émirat. Pas mal pour un pays de 1,6 millions d’habitants en incluant les travailleurs étrangers (environ 65% de la population).

  Evidemment, on apprend que de nombreuses banques, particulièrement européennes, ont financé ces projets complètement spéculatifs. En plus de déstabiliser les bourses, elle relance les supputations sur l’ampleur des actifs toxiques de natures immobilières toujours enfouis dans le bilan des banques occidentales (il y en aurait pour 90 milliards en Allemagne, par exemple selon la Radio France Inter). Cela remet sur la sellette la pertinence d’encadrer les activités d’investissement des banques sur les marchés boursiers et immobiliers, particulièrement en ce qui concerne les spéculations sur le très court terme (voir un billet antérieur). Considérant que la dette publique à l’échelle mondiale a bondi de 45% entre 2007-2010, d’autre pays pourraient-ils suivre la même route que l’Irlande, l’Islande et Dubaï (4)?

vendredi 27 novembre 2009

A l'approche de Copenhague, parlons un peu de l'hystérie anti-Kyoto

Ce que je ne comprends pas avec les opposants a Kyoto, c'est leur entêtement à poursuivre un combat qu'ils ont déjà perdu (voir le blogue de Jacques Brassard pour un bon résumé de leur lubie). Quand on se résout à évoquer la théorie du complot, comme dans le cas des attentats du 11 septembre et du "Climategate", on devine que les partisans de ces mouvements sont conscients de leur mauvaise posture. Les preuves du changement du climat sont beaucoup trop importantes et tous les gouvernements du monde sont d'accord pour agir. Bien sûr les pays en voie de développement se font tirer l'oreille pour entrer dans la danse. Je serais presque porter à dire qu'ils ont raison. Après tout, les pays occidentaux sont responsables de la majorité des émissions des 50 dernières années et leur consommation par habitant est infiniment plus grande qu'en Chine ou en Inde, les deux grands joueurs qui sont pointés du doigt. J'admets qu'à l'époque des délocalisations industrielles, il y a cependant des questions à se poser sur l'absence complète de mesures afin d'intégrer ces pays à l'effort global pour Kyoto. Nonobstant le changement de climat, considérant la démographie humaine, il est plus que raisonnable économiquement de développer de nouvelles technologies et d'adopter des habitudes de consommation plus frugales pour épargner les réserves énergétiques. Avec une population grandissante, des réserves en énergie fossile loin d'être infinies, la véritable catastrophe économique consisteraient à ne pas se préparer dès maintenant à ces futurs défis.

Evidemment, il y a des extrémistes chez les pro-Kyoto aussi. Oui, l'attitude de certain frise le dogmatisme religieux. Ce n'est pas une raison pour nier la réalité des changements climatiques et pour ne pas appliquer le principe de prudence à notre consommation énergétique. Il y a du gaspillage! On peut faire mieux avec moins d'énergie, particulièrement dans le transport des personnes. C'est l'avenir du mouvement vert. La révolution verte doit devenir un moteur de l'économie. Les Américains l'ont compris et pas seulement leur gouvernement (Ford, Ford 2, Exxon). Par exemple sur le site d'Exxon:
With increased global energy demand, energy-related carbon dioxide emissions are expected to rise by an average of 1 percent per year through the year 2030. As was recently summarized in the Fourth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC), the risks to society and ecosystems from increasing greenhouse gas (GHG) emissions are significant. Meeting the enormous energy demand growth and managing the risk of GHG emissions are the twin challenges of our time.
  Il me semble que ça devrait clore le débat. Si une compagnie et non la moindre, qui vend des produits pétroliers entérine le rapport du GIEC (IPCC in english) et confirme qu'il faut faire quelque chose, compte tenu que la production de CO2 dû à la consommation des énergies fossiles augmentera de 1%/an jusqu'en 2030, le défi climatique et économique ne peut être assimiler à un mirage. Il est là et bien tangible!

jeudi 26 novembre 2009

André Pratte, je vous aime... des fois

  J'apprécie rarement ses positions éditoriales, mais André Pratte a signé aujourd'hui un excellent plaidoyer en faveur d'une commission d'enquête sur la corruption dans la construction.

  Il nous rappelle entre autre que Jean Charest était friand de commission d'enquête lorsqu'il était le chef de l'opposition officielle.

  Un extrait de la déclaration de Claudette Carbonneau que l'on retrouve dans son éditorial résume à merveille le noeud de la question:
Le plaidoyer livré hier par la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, était plus convaincant que les esquives du premier ministre: «Il n'est pas question ici d'une joute politique, mais bien d'une question d'intérêt public. Il est inadmissible que, dans une société libre et démocratique, des individus et des entreprises conspirent pour tirer avantage du bien commun. Il y a urgence d'effacer l'ardoise et de redonner à toute cette industrie ses lettres de noblesse.»
  Les institutions qui s'opposent à l'enquête sont la FTQ et le gouvernement. Il est tentant d'affirmer qu'elles ont des choses à cacher. Remarquez que les autres partis provinciaux du Québec ne sont pas très agressifs pour réclamer une enquête publique.

  Les allégations de corruption sont telles que la confiance en notre démocratie est ébranlée. Le scandale des commandites s'était de la petite bière en comparaison des rumeurs et des accusations qui circulent dans ce dossier. Le gouvernement doit céder. Voici un site pour signer la pétition en ligne afin de demander l'instauration de cette enquête publique.

mercredi 25 novembre 2009

Jean Charest ne veut toujours pas d'une commission d'enquête!

  Le premier-ministre s'oppose toujours, à l'encontre de l'avis de plusieurs intervenants, à l'établissement d'une commission d'enquête publique sur l'industrie de la construction et la corruption potentielle de divers acteurs politiques (12). Même le président de l'association des policiers provinciaux du Québec demande une enquête publique (3).

  Il faut une enquête publique! La démocratie est trop importante pour la sacrifier au nom d'intérêts partisans. Le gouvernement doit plier.

Test Technorati

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samedi 21 novembre 2009

Des bactéries et des hommes



    Je viens de terminer ma Xème  relecture de cet excellent article scientifique intitulé « Communication in bacteria: an ecological and evolutionary perspective. ».



  Intéressant d’abord pour la qualité et la clarté de la synthèse des connaissances actuelles sur les communications entre bactéries d’un même écosystème. Les auteurs présentent donc les conditions pour que la conservation évolutive des mécanismes de communications, qui encourent un coût métabolique (énergétique), soient favorisée. En d’autres mots pourquoi un organisme unicellulaire devrait-il favorisé le maintien d’un mécanisme de communication coûteux (un « geste altruiste »), si en le perdant il épargnerait ainsi des coûts énergétiques qui l’avantageraient au sein de la population? L’explication principale viendrait de la similarité génétique (relatedness) entre cet individu et ces paires génétiquement identiques et donc du bénéfice évolutif, du point de vue strict de la réplication de ces gènes, qu’il retirerait au succès reproductifs des ces semblables. La description subséquente des mécanismes de tricherie et de manipulations chimiques interespèces sont particulièrement éclairante. Je vais citer l’exemple mentionné dans l’article à propos de la bactérie Myxococcus Xanthus (voir la photo). Lors que les bactéries de cette espèce vivant en colonie rencontre certain stress (manque de nourriture), elle autoinduisent la formation de structure pluricellulaire (corps fructifère) ou seulement quelques individus auront l’occasion de former des spores, donc de perpétuer leur matériel génétique. Des chercheurs se sont rendus compte que certains individus qualifiés de tricheur avaient rompu leur mécanisme de communication et avait donc plus fréquemment l’occasion de former leur spores. Ces tricheurs réussissent donc mieux en communauté. Ce qui est intéressant, par ailleurs, c’est qu’ils sont beaucoup moins efficaces en isolation. Parions qu’il en serait de même pour les entrepreneurs de construction et autres tricheurs et profiteurs au sein des sociétés humaines.


 Corps fructifère de Myxococcus xanthus

  Car c’est là effectivement que je veux en venir. Je trouve cet article captivant à plus d’un titre, entre autre parce qu’il donne des clés de réflexion très pertinentes sur l’organisation de tout système complexe d’individus inter reliés, les sociétés humaines au premier chef.

 

  Entre autre le lien entre similarités des individus et leur capacité à faire des actes altruistes pourrait évoquer l’importance de cultiver une culture commune au sein de nos sociétés afin de maintenir la nécessaire solidarité dans une société civilisée. Plus que tout autre facteur, l’éclatement de nos sociétés porte sans doute les germes de l’individualisme forcené de notre époque. Si les bactéries ont compris les mérites de la solidarité, il faut être confiant que l’Homme saura faire de même. En tout cas, la prochaine fois que je tricherai je tenterai de me rappeler que je me laisse aller à mes instincts les plus primitifs en me remémorant le destin tragique de la petite bactérie Myxococcus. Ha! Si au moins il y avait une telle justice pour tous les Tonyus Accursus de ce monde….



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